Citation:
L'histoire n'est-elle pas un ensemble de faits passés et connus ? Qu'y a t'il donc à comprendre, pour moi l'histoire équivaut à un ensemble de connaissances qu'il suffit de connaître (travail de mémorisation et pas de compréhension) ?
Sans vouloir t'offenser c'est la phrase typique du profane. C'est une preuve flagrante de la méconnaissance de l'Histoire. On est plus au XIXe siècle ou avant où les seuls à réfléchir sur l'Histoire était surtout des penseurs (ex: Montesquieu ou Voltaire). Faire de l'Histoire c'est savoir contextualiser et mettre en relation, c'est comprendre pourquoi un fait X et Y existe et qu'est-ce qui l'a créé, quels sont les enjeux qu'il implique et qui l'ont engendré, etc... Si tu lis un peu les discussions présentes en section sciences humaines entre des historiens (ex: moi) et des profanes, tu verras que c'est récurrent: des confusions à propos de termes ou de notions, des conceptions civilisationnelles, de contextes et d'analyses. Le dernier exemple dont je me souvienne est le terme d'agglomération (
paganismes-rites-et-croyances-prechretiennes/topic753.html) qui n'a rien d'évident à comprendre, même avec des données sérieuses devant soi! La conception de la sexualité chez les Romains également est difficile compréhensible sans de solides connaissent qui n'ont rien de factuels!
Citation:
A chaque fois que tu dis ça je t'assure que tu me fais bondir!
Etre certifié c'est juste avoir un concours pour enseigner dans le secondaire et qui requiert le niveau Licence, me fait pas croire (parce que ça t'arrange) qu'un certifié est plus historien qu'un doctorant. Un doctorant est DE FAIT historien puisqu'il est docteur en histoire (avec une spécialité). Un certifié est "juste" prof et je peux te dire que quand je vois le niveau de certains certifiés, ça fait peur...
On rebondit sur le débat. Encore une fois, ça ne m'arrange pas, je ne dis pas ça pour me servir! Ca me fait penser que j'en discuté avec deux potes dernièrement:
_ l'un est diplômé de supélec paris, a fait Centrale Lille, travaille pour le CNRS et va partir pour la Silicone Valley dans peu de temps
_ l'autre a fait aussi Centrale Lille, puis ENS cachan paris, a terminé 3e à l'agreg et bosse comme commissaire des brevets européens à Muncih aujourd'hui
Les deux sont thésards.
Marrant car je n'ai même pas abordé le sujet, c'est aux qui l'ont spontanément abordé le mois dernier quand je les ai vu et ils m'ont dit avant que je ne dise quoi que ce soit qu'aujourd'hui, pour avoir mention bien à sa thèse, fallait vraiment s'être planté, et que pour ne pas avoir sa thèse, il fallait limite avoir fait une faute professionnelle ou arrêter en cours de route. Bref, selon eux, à partir du moment où tu es pas trop con et que tu fais un minimum, tu l'as automatiquement ta thèse. Et ayant une maîtrise, quand j'ai vu avec quelle facilité tu l'as (un de mes potes l'as eu alors que franchement, c'est une sacré merde truffée de fautes qu'il a donnée!), je veux bien les croire. J'en avais parlé avant ça à deux autres personnes (une en Histoire, thésard et agrégé), l'autre thésard et sans concours en lettre. J'en ai également parlé à quelques collègues depuis quelques années. TOUS m'ont en gros dit la même chose: tu travailles un peu et tu l'as sans grand problème.
Bref, loin de moi l'idée de dire que les thésards sont des abrutis, mais c'est certainement bien plus facile d'avoir une thèse qu'un concours, agreg et même capes. Je pourrais te le prouver en la passant, malheureusement je ne peux pas pour des raisons personnelles (et ça ne m'apporterait rien personnellement). Et quoi, dans trois ans je serais doctorant et du coup ça fera de moi quelqu'un de bien plus calé sur l'Histoire que je le suis actuellement?! Foutaises tu t'en doutes bien! Je le dis et le répète: la thèse ne t'apprend rien de plus en Histoire de manière générale, elle t'inculque une méthodologie de recherche, des savoirs-faires précis et des connaissances sur ton sujet et sur son contexte élargi (mais pas général), c'est tout!
Alors tu me dis que y'a de rudes clampins en certifié, c'est discutable à travers le terme clampin, même si certains peuvent passer entre les mailles du filet, mais le % est certainement bien inférieur à celui des thésards. Renseigne-toi un peu si tu veux et tu verras.
Après ça, je le répète: un certifié ou un agrégé connaît (on va parler de ceux qui font bien leur boulot, que ce en thèse ou dans les concours, ça évitera les cas particuliers que tu as soulevés) bien mieux l'Histoire qu'un doctorant simple. C'est normal, réfléchi: le doctorant a une licence (quand on connaît le niveau que ça demande!), puis il plonge dans un sujet très précis agrémenté de quelques cours plus généraux autour de ce sujet (donc sur sa période historique en Histoire, voire quelques trucs de langues ou de civilisation). Le reste ce n'est que sa culture et son travail personnel! Avec tout le temps qu'il passe dedans, comment veux-tu qu'il ait au final les mêmes connaissances qu'un gars qui a potassé à fond les 4 périodes plusieurs années de suite (parfois)!
Après, crois ce que tu veux hein, mais la réalité est bien là!
Ensuite, la qualité pédagogique et la qualité scientifique vont de paire mais ne sont pas forcément toujours bien présentes en chaque historien. Un historien n'est pas un gars qui fait de la recherche mais quelqu'un qui connaît et comprend l'Histoire comme je le disais précédemment. De plus, ton
"Déjà j'aurais du mal à me dire "prof" sans CDI (donc sans concours), alors historien... " montre clairement que tu établis une hiérarchie entre prof et historien comme si le précédent était en-dessous du suivant, ce qui est un non-sens! C'est complémentaire comme je le disais avant, ce n'est pas un garde! Et quand tu y réfléchis: comment veux-tu enseigner (donc synthétiser un tout bine plus complexe que ce que tu fais passer) quelque chose que tu ne comprends pas (et je ne dis pas connaître mais bien comprendre?). Alors que stricto sensu la thèse n'a pas vocation de t'amener à enseigner l'Histoire, mais faire le point sur une question d'Histoire précise...
Citation:
Les éléments factuels n'ont aucune utilité en eux-mêmes mais en ce qu'on peut en dégager des processus, systèmes, modes de pensée etc... C'est une évidence. Après tout ce qui fait l'homme c'est sa capacité d'abstraction et d'interrogation sur son être même, c'est à peu près tout le travail des sciences humaines.
Il est bien rare que le simple fait de bachoter rende intelligent ou cultivé, au mieux on en retire une érudition très superficielle.
Entièrement d'accord!