Suite à une discussion avec Necro dans un autre topic, j'avais évoqué la découverte du principe de l'ordinateur chez les Grecs anciens. Voilà la "preuve"...
La machine d'Anticythère est un artefact antique conservé au Musée national archéologique d'Athènes, qu'on pense être un mécanisme permettant de calculer la position de certains astres, tels que le Soleil et la Lune et d'en prédire les éclipses. (Le mécanisme est basé sur les cycles de progression de l'arithmétique babylonienne. Au deuxième siècle avant J.C., Hipparque a développé une théorie pour expliquer les irrégularités du mouvement lunaire à cause de son orbite elliptique). Elle a été découverte en 1900 par des pêcheurs d'éponges, dans une épave près des côtes de l'île grecque d'Anticythère, entre Cythère et la Crète. Elle est datée des alentours de 87 av. J.-C..
Cette machine de bronze, de forme circulaire, actuellement fragmentée en 3 parties, occupe le volume d'un petit boîtier haut de 21 cm, large de 16 et épais de 5 (dimensions d’un livre de taille moyenne).
Elle est composée de 32 éléments dont une vingtaine de roues dentées. Elle devait probablement être actionnée à la main ou par un système hydraulique. Son fonctionnement se base sur les mouvements différentiels des engrenages permettant de « calculer » la position des astres à un moment donné.
Interprétation
Elle semble être la première machine capable de restituer des données transformées après entrée d'autres données. De ce point de vue, elle peut être considérée comme une véritable machine à calculer.
Datation
Si, assez logiquement, les premières études avaient identifié l’âge du mécanisme à celui du navire, soit 87 av. J.-C., les nouvelles études (voir infra) le font plus ancien d’un siècle voire deux ! Ce qui d’une part, ‘bouscule’ d’emblée plusieurs hypothèses (dont celles de Poséidonios, voir infra), mais d’autre part en en rendant son usage séculaire, voire pluri-séculaire, le fait sortir du rang des simples ‘gadgets’.
Cicéron évoque deux machines semblables.
La première, construite par Archimède, se retrouva à Rome grâce au général Marcus Claudius Marcellus. Le militaire romain la ramena après le siège de Syracuse en 212 avant JC, où le scientifique grec trouva la mort. Marcellus éprouvait un grand respect pour Archimède (peut-être dû aux machines défensives utilisées pour la défense de Syracuse) et ne ramena que cet objet du siège. Sa famille conserva le mécanisme après sa mort et Cicéron l'examina 150 ans plus tard. Il le décrit comme capable de reproduire les mouvements du Soleil, de la Lune et de cinq planètes (...) Si Cicéron ne se trompe pas, cela voudrait dire que cette technologie existait dès le IIIe siècle avant JC.
L'homme politique romain mentionne également un objet analogue construit par son ami Poseidonios (Cicero, De Natura Deorum II.88 (or 33-34))
Les deux mécanismes évoqués se trouvaient à Rome, cinquante ans après la date du naufrage de l'épave d'Anticythère. On sait donc qu'il existait au moins trois engins de ce type. Par ailleurs, il semble que la machine d'Anticythère s'avère trop sophistiquée pour ne constituer qu'une oeuvre unique
Position du problème
D’instinct, ce disque apparaît « curieux » à tous ceux qui l’ont approché. Il a été tour à tour qualifié « d’étrangeté », « de merveille», « de relique », etc. Et les hypothèses les plus extravagantes ont circulé à son sujet.
La diversité des opinions ne convergent que sur un point : c’est un calculateur. Or en Occident, le premier calculateur connu fut celui que créa Pascal en 1641 (la Pascaline). Soit, pour Anticythère, une antériorité de 17 siècles ! Ce qui pose immédiatement nombre de questions, par exemple :
Comment les Grecs, peu réputés pour leur culture technologique, ont-ils pu réaliser un tel instrument, si en avance sur son temps ?
Comment une telle technologie a-t-elle pu se créer puis disparaître ?
Que se serait-il passé si cette technologie avait pu se répandre dans les civilisations gréco-romaine, puis médiévale ?
Cet objet, dont les caractéristiques ne correspondent pas avec le contexte technologique de la zone où il a été découvert présente donc des caractéristiques propres à un OOPART. Cependant l'évocation par Cicéron de mécanismes analogues rend possible l'hypothèse de création par des individus ou des équipes maîtrisant parfaitement les connaissances astronomiques et les techniques mécaniques de leur époque.
Les différentes études sur le disque d’Anticythère
Le soin et l'adresse avec lesquels cette machine fut réalisée, ainsi que les connaissances nécessaires en mécanique et en astronomie la place au rang des énigmes helléniques mais aussi astronomiques ou mathématiques. En effet, l'aristocratie grecque était réputée pour son ‘‘dégoût’’ des techniques et arts appliqués souvent laissés aux esclaves. Ils leurs préféraient des sciences plus abstraites, telles que les mathématiques ou la physique.
Un calculateur ? c’est ce que voulut vérifier le Dr Derek de Solla Price, physicien et historien des sciences anglais, utilisant le procédé de désoxydation électrolytique[1], étudia longuement le disque et fit apparaître un dispositif extrêmement complexe, comprenant, outre la vingtaine de roues dentées déjà répertoriées, des axes, des tambours, des aiguilles mobiles et trois cadrans gravés d'inscriptions et de signes astronomiques. En 1959, il consigna son étude dans un article extrêmement détaillé :
Gears From The Greeks: The Antikythera Mechanism, A Calendar Computer from Circa 80 BC. Cependant, il ne put trancher sur la véritable nature du mécanisme: astrolabe, horloge, calculateur,...
Comme il était impossible de démonter le disque sans l’endommager gravement et que d’autre part les moyens classiques, tel que la radiographie s’avéraient inadaptés, pendant des décennies toute nouvelle étude du disque fut bloquée jusqu’à ce que, en 2000, l’astronome Mike Edmunds de l’Université de Cardiff, eut l’idée d’utiliser le scanner. Malheureusement aucun scanner ne se révéla adapté à cet usage ; si bien qu’en 2002, Edmunds se résolut à faire construire un appareil spécialement adapté.
Pour étudier un si petit objet (quelques centaines de grammes), il fallut construire un scanner à rayons X (en fait un tomographe de 450 kilovolts), pesant, avec sa console, plus de huit tonnes! Cet appareil, construit par la compagnie britannique X-Tek Systems, s’avère capable de reconstituer et produire des images tridimensionnelles avec une précision de 50 microns.
De plus, pour parachever cette nouvelle expertise scientifique, Edmunds suscita, à l'automne 2005, une équipe pluri-disciplinaire associant des astronomes, des physiciens, des mathématiciens et des paléographes des trois universités les plus concernées, impliquant les départements suivants :
Université de Cardiff, G-B, école de Physique et d’Astronomie (82 personnes) ;
Université d’Athènes : Section d’Astronomie, Astrophysique et Mécanique. Directeur Pr Triberis Georges- (Responsable : Pr Xénophon Moussas)- (71 personnes) ;
Université Aristote de Thessalonique : Section d’Astrophysique, Astronomie et Mécanique du département de Physique (72 personnes). (Responsable : Pr John Seiradakis).
Pour Xénophon Moussas, directeur du laboratoire d'astrophysique de l'université d'Athènes, qui participe aux investigations en cours sur le disque : « La pièce grecque est beaucoup plus complexe que tous les astrolabes connus, puisque l’un des astrolabes les plus sophistiqués que l'on connaisse, conservé à Londres, au British Museum, ne comporte comparativement, que quelques engrenages et roues à dents. » (source 'AFP', conférence de presse du 9 juin 2006). Il indique dans ce même article : « Nous avons pu découvrir de nouvelles inscriptions en grec, sur les pièces du mécanisme ou sur des fragments de feuilles de bronze et ainsi déchiffrer plus de 2000 lettres contre seulement 900 pour Price. Ces textes, qui comptent au total un millier de caractères, sont à la fois un mode d'emploi de l'appareil et un traité d'astronomie, faisant référence aux étoiles. Chaque semaine nous en apprend un peu plus », s'enthousiasme-t-il. Quatre cadrans « au moins » — et non pas trois — indiquent les positions du Soleil et de la Lune, ainsi que, pour le plus petit des cadrans, les phases de notre satellite.
« Nous sommes sûrs aujourd'hui qu'il s'agissait d'une machine à calculer les mouvements du Soleil et de la Lune, peut-être aussi — nous n'en sommes pas certains — ceux de quelques planètes. Cependant, le terme d'horloge astronomique me paraît toutefois inapproprié, le mécanisme étant apparemment actionné par une manivelle. »
D’autres part, la forme des caractères, comparée à celles d'autres inscriptions de la même époque, conduit les experts à dater la pièce de la fin du IIe siècle avant notre ère.
Perspectives
L'équipe du Projet de recherche a communiqué les résultats des analyses en cours lors d'une conférence internationale à Athènes [3], le 30 novembre et le 1er décembre 2006. La première publication a été faite par le journal scientifique Nature[4]. Les données expérimentales (plus de un téraoctet) devraient être mises en ligne courant 2007.
(wikipedia)
Hallucinant non? Je l'ai découverte par un documentaire très intéressant sur la 5 ...