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En effet, j'étais assez violent à l'adolescence malgré la pratique d'arts martiaux comme le judo, de sports de combat, de natation et cette violence s'est atténuée au fur et à mesure que j'écoutais de la musique de plus en plus "hard".
Maintenant, je suis un
Ouais, je trouve que ça a un effet cathartique, défouloire, de vider l'énergie en trop.
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La violence et la vulgarité constantes qui envahissent la musique populaire d'aujourd'hui (le rap, le Metal, la 'techno' et même parfois la pop comme Lily Allen) sont inquiétantes car elles conditionnent la mentalité de la populace selon des schémas paranoïaques et agressifs tout en encourageant un laisser-aller de plus en plus extrême. Il n'y a rien de dangereux à écouter du Black Metal et/ou d'autres musiques certes 'pêchues' ou déprimantes qui peuvent, comme dit plus haut, jouer entre autres un rôle cathartique bénéfique, mais cette nouvelle manie de créer des 'sous-communautés' selon les préférences musicales, en enfermant ainsi chacun dans un univers quasi-systématiquement violent ou du moins négatif (et oui, les rave-parties et la 'sous-culture' abrutissante des night-clubs ne peuvent certainement pas être considérés comme des choses positives) défini est la cause d'un nombre conséquent de soucis, évidents ou plus pervers et cachés, pour la jeunesse contemporaine.
Mmmh. C'est assez pessimiste comme vision, voire alarmiste.
La grosse question de savoir si notre époque est plus ou moins violente que les précédentes, de savoir si le crime y est plus ou moins développé et plus ou moins violent n'est guère tranché. Ce qu'on sait c'est qu'il y a moins d'homicides qu'il y a quelques siècles, rien qu'avec les sources qu'on connaît (le chiffre noir est sûrement plus importants pour les époques passées qu'actuelles: on répertorie plus facilement une mort suspecte actuellement qu'il y a deux siècles).
Il me semble que c'est surtout la forme que prend la violence qui change. Ce n'est plus forcément physique actuellement, mais la violence psychologique, e.g. humiliation, harcellement, c'est assez développé par exemple en milieu professionnel. Du reste, c'est un peu la corde sur laquelle joue la téléréalité: humiliation, trahisons etc.
Je suis d'accord que certaines formes de violence psychologiques n'est peut-être pas toujours aussi graves que les violences physiques. Mais à quelque part, les violences physiques étant interdites, les gens se rabattent sur ce qu'ils peuvent. Cela me fait penser à ces expliations éthologiques sur le comportement d'un ooiseau de mer mâle qui, ne pouvant ni attaquer ni céder devant la prise de son territoire par un autre mâle, est un peu perdu entre les deux alternatives et adopte une comportement intermédiaire, un compromis en se défoulant sur une innocente touffe d'herbe... Nous somme si bien éduqués à l'0obéissance dans nos sociétés que nous ne nous attaquons pas à ceux qui nous oppressent quand bien même nous les reconnaissons, mais nous nous défoulons sur d'autres, par exemple uniquement parce qu'ils ont le tort d'être différents. Cela ne rend pas compte de la totalité du problème, mais tout au moins d'une partie. (Je sais que certaine ne vont pas aimer...)
Maintenant, il me semble aussi que la violence physique a du s'exporter, par exemple en Irak ou ailleurs, dans les interrogatoires illégaux dans les aéroports (suite au 11 septembre). Zizek en dit quelque chose d'intéressant, de ces violences guerrières actuelles, pourtant censées faire partie d'une opération qui apporterait la liberté et la démocratie en Irak: il explique que les violences faites d'humiliations, des violences physiques ou tortures psychologiques, consistant par exemple à filmer les gens dans de fâcheuses postures, humiliantes etc., tout cela n'est pas le signe d'une perversion, à quelque part, mais plutôt le miroir inversé des valeurs de la société, des valeurs auxquelles les bourreaux eux-mêmes adhèrent. A quelque aprt, ce genre de violences faites du renversements des valeurs occidentales constamment prêchées (i.e. Droits humains etc.) n'en sont que le corollaire: dès qu'on a des ennemis, la meilleure façon qu'on trouvera pour leur faire du mal, de les punir (ce qui est bien sûr justifié puisque ce sont des ennemis... malgré la contradiction avec les droits humains etc.), c'est de leur faire ce qui va exactement à l'encontre de nos valeurs, car on estime que cela nous ferait du mal, soit de violer nos valeurs! Les violer est d'ailleurs une façon de les affirmer tout en les niant à quelque part... Bref. Pour faire du mal à autrui, on lui fait ce que l'on aimerait pas qu'on nous fasse, relativement aux valeurs de notre culture. Le fait de filmer, par exemple, est comme un écho inversé à tout ce que la société valorise: le fait d'être vu, connu, la notoriété, la célébrité etc. A quelque part, les gens ne sont pas vraiment sadiques quand ils apportent des prostituées à des terroristes islamistes censés avoir renoncé au sexe... Les soldats leur font surtout ce qui les dérangerait à leur place.
Voilà. C'est comme ça que j'ai compris les propos de Zizek (pas dit que ce soit très juste, mais c'est cela que cela m'inspire).
Pour revenir au BM, et aux autres formes de musiques, je suis assez d'accord pour dire qu'elles agissent en miroir de bien des valeurs. Elles sont peut-être bien cathartiques, comme le dit Whateley. Et puis la question que pose beyonder est pas mal:
"Moins le peuple fait la guerre, plus la musique est violente ?". Je me demande si la paix en Europe, et puis la disparition de la conscription obligatoire (service militaire obligatoire, armée de milice) n'a pas justement permis à bien des jeunes d'avoir un regard différent sur la guerre, complètement irréaliste, nourri uniquement des films d'actions hollywoodien, des jeux vidéos etc. Dès lors, symboliser sa révolte par la guerre, voire se dire qu'une bonne guerre ne ferait pas de mal, ce n'est guère étonnant. A mon avis, bien des BMeux, dans la transition qu'ils opèrent entre violence purement symbolique, et idées d'utiliser politiquement une telle violence, il y a justement ces problèmes de l'inconscience de ce qu'est la guerre et d'une vision fantasmée de la violence, l'idée de la musique comme exutoire à des frustrations et l'idée du renversement des valeurs à l'encontre de ce qui frustre.
Bien sûr, il y a aussi de la violence réelle, alors j'imagine que cela joue un rôle autrement que ce soit dans le rap ou le metal. Evidemment que si des jeunes connaissent des situations violentes dans leur milieu, la musique leur apportera une bande son de ce qu'ils vivent, elle sera en adéquation avec cela et tirera son intérêt de là. Pour ceux qui ne la connaissent pas et sont frustrés, c'est d'avantage de l'imaginaire et du fantasme qu'elle apporte, comme pour le BMeux qui n'a jamais eu de problèmes avec la religion et qui se construit une histoire de persécution et de détestation de la religion. De la même façon, la racaille frustrée bien que pas dans la misère et pas soumise à la violence va s'imaginer dans cette situation en écoutant du gangsta rap, va se créer une vie de bandit, de proscrit etc. jusque, peut-être, à se couper réellement un peu plus de la société...
Donc, mon idée est un peu bizarre: en somme, c'est comme si le BM, sa violence à lui, résidait dans l'inversion de valeurs, certes, mais aussi dans l'utilisation de cette inversion pour choquer ceux qu'il estime être les mauvais, les conformistes bien-pensants, les religieux etc. Mais, en inversant ses valeurs pour choquer et attaquer certains, je me demande si cela ne confirme pas une certaine adhésion implicite du BMeux aux-dites valeurs ou au moins à une partie de ces valeurs. En effet, est-ce qu'il ne choque et blesse pas avec ce qu'il estime qui serait choquant ou blessant pour lui?! Est-ce que le plaisir d'écouter une musique violente (déviante, transgressive) ne réside-t-il pas dans ce plaisir de la transgression, transgression signifiant précisément que l'on tient certaines normes pour existantes, acquises, voire siennes; et que la meilleure façon de blesser quelqu'un est d'utiliser cette inversion car elle nous blesserait, à quelque part aussi? Bref, cela débouche sur un paradoxe... (ou une contradiction)
Etrange image que celle du BM créant une violence symbolique en inversant des valeurs, mais tout en confirmant par le choix de l'objet inversé une partie des valeurs qu'il porte... C'est comme si c'était une tentative maladroite pour s'émanciper de ces valeurs qui nous collent encore culturellement à la peau, selon lesquelles on vit et se comporte encore... Donc, alors que le BMeux ne devient que très rarement violent concrètement suite et en relation à sa sous-culture musicale, quel bilan fait-il de cette inversion des valeurs et d'une apologie de la violence symbolique, violence à l'endroit de certaines valeurs, surtout sous forme anti-religieuse? Que rejette-t-il et que garde-t-il des valeurs communément admises dans notre société? Rejette-t-il théoriquement les valeurs et croyances religieuses mais aussi les valeurs plus largement humanistes et les lois en vigueur permettant une certaine paix sociale? Ou les deux? Et en pratique, comme vit le BMeux? Si sa violence ne s'exerce pas physiquement ni psychologiquement, qu'a-t-elle ciblé et détruit comme valeurs, comme idées, croyances, opinions etc., qu'a-t-elle changé dans le comportement et l'éthique concrets du BMeux?