"Moi, je suis contre les traductions de Dostoïevski, ceux qui lisent ça en français c'est vraiment des connards."Non, plus sérieusement je suis vraiment partagé sur cette question (qui me préoccupe quand j'ai rien d'autre à penser). Je pense que pour saisir le problème il faut déjà se demander ce qu'est le cinéma.

On pourrait se dire que c'est avant tout un divertissement, dans ce cas c'est le conford du spectateur qui prime avant tout. Le film n'est finalement qu'un produit de consommation qui se déguste durant une période donnée. C'est ainsi depuis 1895.

On peut se poser la question de ce qui prime au cinéma : l'image ou le son. On peut se dire que c'est 50-50. Mais on sait que le son est plus important que l'image car il suggère plus d'informations au spectateur que l'image. Car le cadre de l'image délimite ce que l'on voit mais le son généralement déborde toujours du cadre par exemple. Mais dans ce cas on parle pas de la voix, mais de l'ambiance sonore (bruitages, musiques etc...).

Mais la voix aussi est importante : elle indique ou se passe l'action, ou du moins dans quel milieu culturel (langue) et social (niveau de langue, intonation...).
Le doublage finalement c'est se réapproprier les oeuvres étrangères en les soumettant à notre propre langage, donc culture. On peste contre les américains qui remakent les succès étrangers en les intégrant à leur culture, nous, nous traduisons leurs films. Question de budget sans doute.

Le doublage fait moins défaut lorsqu'il s'agit de deux pays culturellement proche (par exemple : les pays européens), mais dès qu'on touche à un registre culturel clairement différent on touche souvent au ridicule (par exemple : films russes, films asiatiques etc...).

C'est aussi une question culturelle, en France, on est paresseux, c'est ennuyeux de lire. Mais c'est aussi une question de budget, c'est onéreux de doubler. Sans oublier la question de distribution : la France est un pays ou le cinéma à une place importante, le marché Audiovisuel est imposant, ainsi on ne double que lorsqu'il est financièrement intéressant de doubler. On ne double pas dans les pays scandinaves parce que le ratio copies/nombre de spectateurs/demande de doublage est trop faible, ceci indépendamment des habitudes de consommation bien sûr.

Qualitativement c'est un autre problème : le sous-titre nuit la lecture des images car elle parasite le cheminement du regard dans l'image, c'est d'autant plus vrai dans les productions ou il y a beaucoup de dialogues (essayez sur du Woody Allen !). Mais d'un autre côté il est regrettable de regarder un film mal doublé, ce qui aura tôt fait de d'annihiler la crédibilité de l'acteur original. Tout ça pour dire que :
le doublage abîme le jeu de l'acteur, le sous-titre le sens de lecture de l'image.
Fondamentalement je dirai donc que je suis contre l'un et l'autre. Que je suis favorable qu'a la VO pure. Mais que mon niveau en langue étrangère ne me permet d'en jouir comme j'aimerai, je me rabat sur le sous-titre (pour conserver la sonorité originale, pour travailler mon anglais) mais que la VF ne me dérange pas outre-mesure. Que c'est de la pédanterie déplacée de venir clâmer la beauferie des amateurs de VF alors que le son est en grande majorité doublé (même dans la langue d'origine), que le cinéma c'est d'abord un divertissement dont il importe finalement peu de la manière dont on en jouit.
Je tiens à préciser que le doublage est un boulot ingrat, mal payé et difficile en plus de ça.