A ne pas lire si vous voulez aller voir ce film.
Aïe... Ouais, je me sens tout chose: j'ai été voir 2012. Je pensais pas que j'aurais si honte de moi...
Première réflexion: booof.... Que c'est convenu. Ceux qui s'attendent à une illustration du délire floride qui parcourt le net et certains milieux autour de ce mythe moderne de l'apocalypse de 2012 vont être déçus...
Catastrophe sous tendue par une théorie pseudo-scientifique à la mort moi le noeud (et là chu vraiment gentil)...
Se font tuer les mauvais exemples: la miss qui a trompé son mari, le gars qui l'a trompé, celui-ci qui ne lui a pas pris de billet pour l'arche, ainsi que le type ont le seul tort est d'avoir remplacé le héro dans son couple... Le père biologique reséduit son ex, la petite arrête de pisser au froc, le fils admire à nouveau le père, les gens se réconcilient à l'approche de la catastrophe...
Quelle putain de petite morale conformiste... En gros: "Vive la famille, vive la morale, vive l'amour" (le vrai ?!) et, le clou, "ce monde est juste après tout..." Ahhhhh! J'arrête ou je dégueule.
Un côté biblique avec des arches de noé modernes avec des bestioles exotiques dedans au fin fond de l'Himalaya; un bon gros côté complotiste; un président d'origine afro-américaine qui fait penser à Obama et puis qui reste avec le peuple, qui prie, mais qui n'a rien dit à qui que ce soit... Mais c'est un plaidoyer pour le régime actuel... Hallucinant... On nous ressert le leader charismatique sauveur des USA, à peu près christique, sauf qu'il sauve pas grand monde...
Une bonne pub pour Bentley...
Et surtout, cette pseudo critique des élites: certes, il n'y a que les riches qui sont informés et peuvent se payer le billet pour se sauver; certes, mais la petite famille modèle, l'amerloc moyen et sa progéniture, auxquels, bien sûr, tous les téléspectateurs s'identifient, lui, il a trouvé un moyen de s'y rendre (et c'est sacrément abracadabrant; mais les efets spéciaux sont bien faits... terriblement bien). Donc, le message c'est, que "même s'il y a complot, comme monsieur schnock, vous réussirez à vous débrouiller, malgré le complot, malgré tout qui vous pète à la gueule, du Yosemit au Kilauéa." Une magnifique façon de dire que l'échelle sociale existe, que l'égalité des chances existe ou qu'on peut y remédier... et donc de légitimer le système. "Le système n'est pas si injuste si les héros s'en tirent après tout."
En gros, ça peut se résumer à un truc - je ne sais plus où je l'ai entendu... - "Yes we can."
Reste à ne pas embrasser le fol espoir qu'on pourrait, en pareil cas, s'inclure dans ce "we".
2012, ou le film qui vous donne (encore plus) envie que ça se passe vraiment, avec aucun survivant, et un point chaud du genre supervolcan du Yosemit sous les possibles arches...
